Source: http://www.7sur7.be -
08/07/2007

Des experts préconisent d'accélérer la réforme de la défense


Un groupe d'experts en matière de sécurité et de défense suggère au prochain gouvernement de boucler plus vite que prévu les plans de restructuration de l'armée, tout en stabilisant son budget et en prenant des mesures pour accélérer le rajeunissement du personnel, afin de ramener rapidement les coûts en personnel à 50% du budget de la Défense. Ils préconisent aussi de créer une "armée européenne" - non dans le sens où les armées nationales seraient fusionnées dans un ensemble, mais bien dans celui où la coordination "top-down" (de haut en bas, NDRL) déplacerait le centre de gravité des besoins nationaux vers les besoins européens.

Europe
Selon ces experts, la Belgique figure parmi les partisans les plus enthousiastes d'un plus grand rôle de l'Union européenne en politique étrangère et d'une intégration militaire approfondie au sein de l'UE. Mais cela entraîne également des conséquences, soulignent-ils. "Si la Belgique veut continuer à développer l'UE, elle doit aussi pouvoir contribuer, y compris dans le domaine de la défense, aux efforts à consentir pour parvenir aux objectifs fixés. Par conséquent, afin de pouvoir continuer à plaider de manière crédible pour un rôle européen fort et pour une 'armée européenne', la Belgique doit être prête à contribuer militairement à la gamme totale des opérations de soutien à la paix, y compris l'imposition de la paix si mandatée par le Conseil de sécurité" de l'ONU, notent-ils.

Défense active
"Cela sous-entend que notre pays doit continuer à s'assurer de disposer de capacités déployables en encourageant l'intégration active et le pooling avec d'autres États membres, afin de parvenir à cet objectif au coût le plus bas possible. Tant la solidarité avec les populations dans les situations conflictuelles que la solidarité avec les autres États membres de l'UE demandent une politique de défense active", ajoutent les auteurs.

Stabilité budgétaire
Sans s'adresser explicitement au prochain gouvernement - mais ce document paraît alors que sa formation se prépare -, les auteurs recommandent d'"exécuter les plans de restructuration de la défense dans un délai plus court que l'actuel délai de 15 à 20 ans, afin de briser le cycle des restructurations successives inachevées" et de "garantir la stabilité budgétaire sur la durée de la réforme".

Rajeunissement
Ils suggèrent aussi de marquer une pause dans la réduction des effectifs de l'armée "pour ne pas hypothéquer la capacité d'envoyer plus de forces militaires en opération et pour ne pas abaisser davantage le rapport entre les effectifs et la population en dessous de la moyenne européenne". Le document recommande encore d'adopter des mesures spécifiques "pour accélérer le rajeunissement du personnel" (comme l'"outplacement" généralisé) et "ramener rapidement les coûts du personnel à 50% du budget de la Défense, au maximum".

Réduction des coûts de fonctionnement
Ses auteurs préconisent de poursuivre la politique de réduction des coûts de fonctionnement à 25% du budget et de "cesser d'utiliser les budgets d'investissement comme variable d'ajustement", tout en visant à "atteindre, dans un délai raisonnable, la moyenne européenne" pour les dépenses consacrées aux investissements dans le budget de la Défense. Ils recommandent aussi de poursuivre et développer les coopérations internationales concrètes, pour réaliser des économies d'échelle au niveau européen. Ils conseillent enfin de développer une politique de défense, accompagnée d'une politique de développement, formant un pilier à part entière d'une politique étrangère et de sécurité cohérente et efficace.

Réflexion
Ils formulent ces propositions dans une réflexion intitulée "La contribution militaire belge à la politique européenne de sécurité et de défense (PESD)" publiée par le centre Egmont (ou Institut royal des Relations internationales, IRRI). Parmi les auteurs de ce "plaidoyer pro-européen en matière de défense" figurent Sven Biscop (Egmont), le général Jo Coelmont (représentant belge au Comité militaire de l'UE), Rik Coolsaet (Egmont & Université de Gand), Michel Liégeois (UCL), l'amiral Jacques Rosiers (département Stratégie de l'état-major de Défense) et Dirk Wouters (ambassadeur de Belgique au Comité politique et de Sécurité, le CoPS). (belga)