Conference notes IRRI-KIIB


Résumé de la conférence et du débat:

"La reconstruction et la réconciliation"

S.E. Mr. Pierre Nkurunziza,
Président du Burundi
Bruxelles, 6 décembre 2005


Summary; this is not an official record of proceedings and specific remarks are not necessarily attributable.

Dans son discours, le président Nkurunziza a dressé un état des lieux des récents développements et de la réconciliation et reconstruction au Burundi, thème central de la conférence.
Le message du Président se veut rassurant pour tous. Il a confirmé que "le peuple burundais croit à la paix et commence à espérer."  Le programme ambitieux du nouveau pouvoir couvre les domaines suivants : paix et sécurité, démocratie, une ouverture politique, développement socio-économique, justice, infrastructures, éducation et santé. Les besoins et défis pour la reconstruction sont énormes. Le président compte sur l’appui de ses partenaires, de la Belgique, des grands donateurs et du reste du monde. 2006 doit être une année d’engagement pour la paix et la réconciliation. Il a invité tous les Burundais à fournir beaucoup d’efforts. Lors du débat,  le président était interrogé sur les relations avec la RDC, la Conférence sur les Grands Lacs, les centres de santé, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la jeunesse, la diaspora et la reconstruction , la Commission de Vérité et Réconciliation, les ethnies.

 

Au niveau des changements au Burundi, le président Nkurunziza a présenté les grands axes d’action de son gouvernement, à savoir:

En clôturant l’état des changements déjà réalisés, en cours ou à venir, le Président a annoncé de renforcer le domaine du sport et des loisirs.

Concernant la reconstruction nationale, le Président a indiqué que les besoins sont immenses ! La reconstruction "passe par la relance économique, la reconstruction des infrastructures de développement, la réinstallation des rapatriés, des personnes déplacées et des sinistrés de guerre, la démobilisation, le renforcement du système judiciaire et de la stabilité sociale".

Il a souligné que le gouvernement compte sur les partenaires du Burundi engagés dans le développement et il a fait un appel à la Belgique pour relever les défis. Il a mis l’accent sur le fait que la Belgique et son pays peuvent échanger expertise et formation dans plusieurs  domaines de la coopération. Le Burundi reste aussi ouvert pour se concerter avec ses partenaires sur d’autres programmes.

Le président a indiqué son intention d’organiser à Bujumbura, au cours du 1er semestre 2006, une Table Ronde des bailleurs de fonds et de la réconciliation nationale. Les projets qui sont actuellement à l’étude seront présentés aussi bien aux Burundais qu’à la communauté internationale.

Concernant la réconciliation, le président Nkurunziza est déterminé à arriver rapidement à la démobilisation, désarmement et à enterrer définitivement la hache de guerre. Il a souligné "l’unité séculaire" du peuple burundais qui a opté pour la paix en mettant en avant ce qui les unit et pas ce qui les divise.  Il a déclaré que "le gouvernement voudrait voir en l’an 2006 une année d’engagement et de détermination pour consolider la paix et la démocratie" et que "le Burundi a besoin à cet effet maintenant de la force de chacun".

En concluant, il a insisté encore que les nouvelles autorités comptent sur l’énergie des Burundais pour surmonter les défis et sur la contribution de leur amis et partenaires.

 

Débat Questions & Réponses

1) Les relations avec RDC et la Conférence sur les Grands Lacs

Les premières questions portaient sur la nature exacte des relations avec la République démocratique du Congo (RDC), et sur l’ajournement du second round de la Conférence sur les Grands Lacs. Président Nkurunziza affirmait que les relations avec la RDC était au beau fixe et a annoncé qu’il allait effectuer une visite à Kinshasa au cours de ce mois. Il a relevé les problèmes liés aux groupes armés basés à l’Est du Congo. La région compte résoudre ces problèmes.
Pour la Conférence des Grands Lacs, il rappellera la tenue d’une réunion tripartite plus un à Kampala "qui a décidé de trouver des mécanismes pour venir à bout de tous ces groupes armés".  Maintenant, cette décision aussi est soutenue par  l’AU. Ainsi, "l’affaire des groupes armés … est bien une affaire de la région et de l’Union africaine (UA)".

2) La détention dans les hôpitaux 

Le chef de l’Etat burundais est interpellé sur la détention dans les hôpitaux des malades qui n’arrivent pas à payer la facture pour les soins. Selon le président, les problèmes sont liés à la guerre qui a détruit plusieurs centres de santé, et la privatisation. Si les hôpitaux n’appliquent pas ce système, ils risquaient de tomber en faillite. Il a avoué que « cette situation n’est pas souhaitable » et le gouvernement fera des efforts pour cesser ce système et pour prévoir des médicaments. Il a salué la solidarité internationale et l’intervention des gens pour aider à payer les factures.

3) La séparation de l’Eglise et de l’Etat

Une personne a mentionné la foi affichée du président et a rappelé l’institutionnalisation des actes religieux, avec la tenue, chaque lundi de la semaine, de rencontres devenues traditions entre le président ou ses deux vice-présidents, en son absence. Est-ce que cette situation est en accord avec la Constitution burundaise qui définit le pays comme étant laïc ?
Le président Nkurunziza a répondu que les rencontres avec les confessions religieuses sont à placer dans les catégories sociales burundaises auxquelles le gouvernement rend visite.  Tout le monde est engagé dans ces rencontres. Il a considéré que ceux qui parlent de régime théocratique font une "analyse simpliste".  Il a rappelé que la Cour constitutionnelle allait intervenir, si c’est nécessaire.

4) La politique envers la jeunesse

Le président a parlé du système d’éducation, de la réouverture des écoles techniques, de la création de milliers de postes d’enseignants. On va revoir les programmes des écoles. Il a annoncé qu’on prévoira la multiplication par 5, voire 10, du budget du ministère de la Jeunesse et des sports.  "La jeunesse est la base de réussite de tout programme de réconciliation et de reconstruction", a-t-il dit.

5) Diaspora burundaise et la reconstruction

Au président Nkurunziza a été demandé si la diaspora et les associations seront invitées à la table ronde et à la reconstruction. Il a annoncé la création d’une direction, au sein du ministère des Affaires étrangères, qui va s’intéresser à la diaspora. Le président invite les associations à contribuer à la reconstruction.  En ce qui concerne les associations, le président  va mettre en garde celles qui répondaient le mieux à la politique du moment et qui vont à la rencontre des intérêts de la population.

6) Où en est-on avec la Commission nationale vérité et Réconciliation?

Président Nkurunziza a mis en lumière qu’on suit les principes contenus dans les Accords. Il a rappelé la mise en place d’une commission pour travailler avec la délégation des Nations Unies pour que la Commission nationale vérité et Réconciliation soit opérationnelle dès l’année prochaine. La Commission de Verité et Réconciliation va prévoir aussi la possibilité de mettre en place une chambre spéciale qui doit s’occuper des crimes contre l’humanité et la violation de droits de l’homme.

Le gouvernement va libérer les gens identifiés par une commission spéciale comme des prisonniers politiques, comme c’est inscrit dans les accords de paix.

7) La reconnaissance des Ganwa et une Commission avec les 4 communautés

Une représentante du Parti Monarchique Parlementaire (PMP) a demandé au président de «reconnaître des Ganwa en tant que composante de la population burundaise » et elle lui a proposé  "une Commission Vérité et Réconciliation au sein de laquelle les 4 communautés seraient représentées au même pied d’égalité".
Selon le président, "l’ethnie ne doit pas être une solution aux problèmes politiques". Les vrais problèmes du Burundi ne sont pas ethniques. Pour avancer, "en politique, lorsqu’on n’a pas ce qu’on veut, on se contente de ce qu’on a !".  La perfection dans la politique n’existe pas. Il faut surtout participer dans le processus pour avancer. Il considère que la politique est l’art de gérer la société et qu’il faut avoir du courage.
Le président a dit que, si c’est une question de reconnaissance, il n’a pas de problème, mais pas s’il s’agit d’avoir un poste ministériel parce qu’on est de telle ou telle ethnie, ajoutera-t-il.

Finalement, revenant sur la Commission nationale Vérité et Réconciliation, le président affirme qu'elle "sera mixte et composée de burundais et d’étrangers ». Selon Nkurunziza, « la vérité est unique, elle n’est pas ethnique" et pour avoir la vérité, il ne faut pas faire une juxtaposition d’ethnies. 

 

Plus d' information: 

- Président P. Nkurunziza: see BBC: http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/country_profiles/1068873.stm#leaders

- Burundi - background, country profile: 

- AFDB: http://www.afdb.org/:  see: "Le Burundi atteint le point de décision au titre de l’initiative PPTE. - La Bad lui accorde une importante réduction de dette"
- Burundi réalités: Actualités
- International Conference on the Great Lakes Region: http://www.icglr.org/
- Reliefweb: latest updates on Africa (search on Burundi)

- UN: