Conférence présidée par Armand De Decker, Ministre de la Coopération au développement, Belgique:
"La
nouvelle déclaration de politique de développement et
une stratégie européenne
pour l'Afrique"
Louis Michel,
Commissaire Européen pour le Développement et l'Aide humanitaire.
Bruxelles, 2 février 2006
Summary of the conference:
Pour la première fois en 50 ans, la politique de développement de l’UE couvrira tous les pays en développement à l’aide d’un corps unique de principes, ‘Le consensus européen’, qui guidera les 25 États membres et la Commission. ‘La stratégie pour l’Afrique’ est un nouveau plan d'aide de l'Union européenne qui vise à faire en sorte que l'Afrique atteigne les Objectifs du millénaire pour le développement.
Louis Michel, le Commissaire chargé de la coopération au Développement et de l’Aide humanitaire, a déclaré que la politique de développement, qui est au cœur de l’action extérieure de l’UE, se trouve maintenant dans « une phase de charnière entre la théorie et la pratique et entre promesse et réalité ». La nouvelle politique de développement a été endossée par le Conseil et le Parlement. Deux documents sont importants : « Le consensus européen » et « La Stratégie pour l’Afrique ». La semaine passée, L. Michel a tenu le premier séminaire préparatoire au 10e forum européen de développement lors duquel il a insisté sur l’enveloppe globale et l’importance des programmes de bonne gouvernance.
L’Europe « en crise » prend dans ce domaine les devants pour confirmer et renforcer sa place de leader mondiale dans le domaine de développement. L’UE occupe le premier rang pour l’aide au développement accordée dans le monde, puisqu’elle en octroie 55%.
2005 était l’année de décisions et d’engagements. On prévoit une « augmentation de la quantité et de qualité d’aide », a souligné L. Michel. L’Europe a établi une nouvelle cible intermédiaire collective pour l’APD, soit 0.7% du RNB en 2015. Il a avoué qu’entretenir la dynamique du progrès dans l’augmentation de l’aide publique était politiquement très difficile. Quant à la qualité, l’objectif de cohérence et de coordination entre le travail de la CE et des Etats membres est primordial, selon L. Michel.
Dans le passé, à l’effort financier ne correspondait pas une politique de développement aussi claire et univoque. Une politique de l’Union n’existait pas. La Commission a écrit un document, le « Consensus européen », qui définit, pour la première fois en cinquante ans de coopération, le cadre de principes communs dans lequel l’Union et ses vingt-cinq États membres mettront chacun en œuvre leurs politiques de développement dans un esprit de complémentarité.
Ensuite, L. Michel a présenté la stratégie de l’UE pour l’Afrique qui est un cadre global s’adressant à l’Afrique en tant qu’entité. Le plan explique en détail les préoccupations quant à l'efficacité de la politique actuelle d'aide au développement et le défi de la réalisation des OMD. L’UE entend renforcer son dialogue avec les institutions panafricaines. L’UA est un partenaire stratégique selon L. Michel.
L. Michel a démontré l’importance des trois axes de la stratégie à poursuivre (visant à atteindre les objectifs de développement du Millénaire).
-Le premier axe consiste à renforcer les politiques dans les domaines considérés comme préalables à la réalisation des OMD: la paix, la sécurité et la bonne gouvernance.
La bonne gouvernance est « assurer la capacité de l’appareil de l’Etat et la capacité d’assurer les grandes fonctions d’un Etat : la justice, l’administration, la politique de santé, l’infrastructure, la sécurité » a dit L. Michel. Selon lui, le libéralisme va avec l’Etat et dans les pays en voie de développement, il manque souvent un Etat organisé.
- Le deuxième axe veut renforcer les politiques dans un environnement économique favorable à la réalisation des OMD, comme le commerce au développement du secteur privé. C’est le point central dans la stratégie pour l’Afrique qui « apporte des perspectives très importantes pour l’Europe », une situation de « win-win ». Le cœur de la stratégie se trouve dans les infrastructures. Il faut des réseaux trans-africains qui facilitent l’interconnectivité au niveau continental « avec la possibilité de désenclavement de la région », un point essentiel dans la stratégie de L. Michel.
-Le troisième volet est le renforcement « des politiques dans les domaines directement liés à ces objectifs », tels, l’environnement, la cohésion sociale, l’égalité des chances.
L. Michel a annoncé que la Commission concentrera ses efforts sur la mise en œuvre du partenariat euro-africain. On lancera cet année un forum commercial permanent, réunissant entrepreneurs et investisseurs publics et privés d’Europe et d’Afrique afin de les mobiliser et les intéresser quant à ces infrastructures en Afrique.
Cependant, il faut des moyens considérables. L. Michel compte sur les efforts de la Commission et des Etat membres et il veut attirer ainsi l’intérêt d’autres organisations et donateurs, comme la Banque Mondiale, pour financer les programmes. Aussi les acteurs extérieurs peuvent jouer un rôle, comme la Banque africaine de Développement.
Le 9 février, L. Michel et le Président de la BEI, Philippe Maystadt, vont signer un « Memorandum of Understanding » pour créer un « global trust fund » (avec des subventions d’intérêt et des dons), un outil financier du partenariat EU-Afrique pour les infrastructures. La participation est ouverte aux États membres de l’UE et à leurs agences de développement et institutions financières, à la Banque africaine de développement. Louis Michel s’est exprimé en ces termes : «On a lancé cet outil pour multiplier les moyens et ensuite pour pouvoir offrir aux Etats membres une alternative. Avec l’augmentation de la part des Etats – puisqu’ils vont augmenter leur budget – la part relative dans le développement de la Commission va diminuer ».
L. Michel a indiqué que ca. 80% de l’aide au développement passe actuellement par des projets spécifiques. L’aide budgétaire par contre, est de l’argent donné aux Etats qu’ils gèrent eux-mêmes avec un contrôle. « Si on veut vraiment faire vivre le principe d’appropriation et d’ownership, c’est plutôt là qu’il faut aller », souligne L. Michel. « Mon objectif est d’augmenter la proportion d’aide budgétaire par rapport à l’aide par projet … pour les pays qui sont dans les conditions (de bonne gouvernance etc.) avec le principe de contrôle. Le grand avantage de l’aide budgétaire est le suivant : les Etats ont des moyens pour financier ce qui est essentiel comme l’administration, la politique contre la corruption, etc.
En concluant, L. Michel a rappelé l’évolution de la politique de développement et les résultats déjà atteints. Le but de sa stratégie est d’augmenter la part de l’aide budgétaire. Avec chaque pays il y aura un programme de gouvernance et deux secteurs de concentration. Vers octobre L. Michel espère faire une proposition de programmation commune aux Etats-membres. Ce serait « une vrai feuille de route » favorable à rendre efficace l’aide au développement.
Plus d'info:
- The European consensus on Development : http://europa.eu.int/comm/development/body/development_policy_statement/index_en.htm- Special site on the strategy: “The EU and Africa: Towards a Strategic Partnership”: http://europa.eu.int/comm/development/body/communications/eu_africa_strategy_en.htm
- Communication from the Commission to the Council, the European Parliament and the European Economic and Social Committee: EU Strategy for Africa: Towards a Euro-African pact to Accelerate Africa's development : http://europa.eu.int/comm/development/body/communications/docs/eu_strategy_for_africa_12_10_2005_fr.pdf#zoom=100
Summary: this is not an official record of proceedings and specific remarks are not necessarily attributable. Summary by X.Vanlauwe.