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JNIM au Mali : l’étranglement de Bamako et la stratégie du califat par consentement

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Le jihadisme sahélien entre dans une phase nouvelle, dont l’onde de choc redessinera la carte de l’Afrique de l’Ouest. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a compris que la peur ne suffit plus : il cherche désormais à rallier plutôt qu’à terroriser. Cette mutation silencieuse, fondée sur la recherche du consentement des populations plutôt que sur la terreur, change la nature du djihadisme pour le rendre plus proche et plus durable.

Depuis septembre 2025, Bamako étouffe. Plus un seul camion-citerne ne parvient à la capitale sans être attaqué. Les écoles ont fermé leurs portes, les hôpitaux fonctionnent à peine, l’économie s’écroule lentement. Et pourtant, aucune bombe n’a retenti, aucune déflagration n’a secoué la ville. C’est un effondrement sans bruit, une guerre sans éclats, où tout meurt à petit feu dans le silence des rues. Le JNIM n’a pas besoin de conquérir militairement la capitale pour la soumettre. Sa stratégie repose sur un calcul géopolitique sophistiqué : étrangler économiquement Bamako jusqu’à ce que la junte accepte de négocier un pouvoir fantoche qui lui laissera les mains libres dans les campagnes, où vit 70% de la population malienne.

 

This article was originally published in the journal Conflits : Révue de Géopolitique and the full text can be found on their website.

 


(Photo credit: Wikimedia Commons)